Orchidées


JUIN

Publié le 09 juin 2018

L'orchis pyramidale : la star de Pentecôte...

La prochaine sortie proposée par le CPIE 47 sur les orchidées aura lieu le mercredi 13 juin, de 14h30 à 16h30, sur le site de Lascrozes. Revenons aujourd'hui sur l'orchis pyramidal, la star de Pentecôte, toujours fleurie en ce moment…

 

L'orchis pyramidal (anacamptis pyramidalis) est une orchidée terrestre européenne. Sa floraison s'échelonne d'avril à juillet. Si je vous en parle aujourd'hui, c'est que le temps pluvieux de ces dernières semaines de mai fait qu'elle est encore très présente dans les jardins, les espaces publics ou sur les bords de route. La plante peut atteindre 60 cm mais oscille le plus souvent entre 10 et 25 cm (photo Jean-Manuel Torrès).

 

Ses feuilles lancéolées dressées sont situées à la base de la plante et d'autres plus petites, peu visibles, sont fixées sur la tige (feuilles caulinaires). L'inflorescence dense forme un épi pyramidal de fleurs serrées. Les fleurs rose soutenu mais dont la couleur peut varier du rose clair au pourpre sont très rarement blanches. Leur labelle, nettement trilobé, muni de deux crêtes saillantes à la base, forme vers l'arrière, un éperon filiforme d'environ 1 cm.

 

Le saviez-vous ?

Cette plante était bien connue autrefois, et certains la nommaient «la Pentecôte»… Car c'est à ce moment de l'année que les gens la cueillaient traditionnellement pour en faire des bouquets. Puis elle a ensuite beaucoup disparu. Elle réapparaît désormais en nombre depuis quelques années.

 

L'hybridation avec d'autres anacamptis a été observée. On nomme cela hybridations interspécifiques. Elle est possible avec des serapias (hybridations intergénériques).

 

La plante ne possède pas de nectar, l'attirance des papillons pour cette dernière est donc un leurre. Comme il s'agit d'assurer la fécondation, la morphologie des fleurs est bien adaptée aux trompes des lépidoptères. Les lépidoptères intéressés peuvent être diurnes ou nocturnes, les genres sont : euphydryas, melanargia, melitaea, pieris, zygaena. Une observation concernant un syrphe comme pollinisateur a été rapportée.

 

L'anacamptis pyramidalis colonise les sols calcaires, les pelouses, les prairies sèches et bien exposées, les talus, jusqu'à 2000 m d'altitude.

 

Cette orchidée se répartit sur le centre et le sud de l'Europe et forme dans certaines régions des populations très abondantes. Présente en Angleterre et en Irlande, elle est très rare en Belgique, où elle atteint, sur le continent, sa limite nord. Elle est commune en France : Alpes, Aquitaine, Corse, Lorraine… En France, l'espèce est classée en préoccupation mineure.

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MARS

Publié le 24 mars 2018

Ophrys de Mars : la bien nommée

Il existe 47 espèces d'orchidées sauvages en Lot et Garonne dont 17 sont protégées. Les orchidées sont à l'honneur sur le site biodiversite47 du CPIE, qui a créé un OLB «Observatoire Local de la Biodiversité «spécialement dédié à cette famille. Le public est invité à faire part de ses observations pour plus de connaissance partagée sur les espèces locales.

C'est ce que l'on appelle «les sciences participatives «très en vogue actuellement. Le coin nature vous présente aujourd'hui l'Orchis de mars (Ophrys occidentalis). Sa floraison précoce est suivie de près par sa cousine l'ophrys araignée (Ophrys sphegodes).

 

L'Ophrys de Mars (Ophrys occidentalis) est une plante peu haute. Sa tige mesure de 10 à 25 cm, ses feuilles basales forment une petite rosette. Les fleurs livrent 3 sépales verts avec nervure marquée. On y voit deux pétales glabres plus foncés que les sépales, parfois colorés, et 1 labelle brun, velu à marge jaune avec une macule bleuâtre en forme de H. Sa floraison s'étale de février à avril. On la rencontre sur les garrigues, pelouses sèches, et broussailles.

 

Reproduction

Le genre Ophrys, comme beaucoup d'autres plantes à fleurs a besoin d'insectes pour la pollinisation. Mais ce genre a adopté une stratégie tout à fait remarquable consistant non pas à offrir du nectar comme récompense, mais à plutôt utiliser un leurre par mimétisme visuel ou olfactif. Le genre en est devenu dépendant et chaque espèce a co-évolué quasiment qu'avec une seule espèce d'hyménoptère. C'est lors de ce contact prolongé avec la cuticule que le mâle va frôler les pollinies et les transporter vers une autre fleur de l'espèce par un nouvel acte de pseudo-copulation.

 

Les orchidées sauvages s'apprécient à l'extérieur, dans leur milieu, et ne supporteront pas la captivité. Ce n'est pas la peine de les couper pour en faire des bouquets. Elles faneront très rapidement dans le vase. Préférez participer aux sorties nature et découverte du CPIE

 

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