Espèces Exotiques Envahissantes


NOVEMBRE

Publié le 17 novembre 2018

La jussie : une rampante bien malvenue

 

La jussie rampante (ludwigia peploides) est une plante aquatique qui a colonisé de nombreuses zones humides européennes. La jussie rampante est une plante de la famille des onograceae. Plante herbacée rampante qui se développe à partir de rhizomes, avec une tige florale à port dressé mesurant jusqu'à 0,8 m de hauteur. Les feuilles sont alternes, pétiolées, ovales, de couleur vert luisant, presque glabres en face supérieure, velues en face inférieure.

Les fleurs sont de couleur jaune vif, solitaires, portées par des pédoncules floraux rouges. La floraison a lieu au début de l'été et dure jusqu'à l'automne. Le fruit est une capsule allongée.

 

La jussie se développe sous forme d'herbiers aquatiques très denses, parfois presque impénétrables, immergées ou émergées, en produisant des tapis de tiges plus ou moins rigides pouvant atteindre 6 m de long.

Elle apprécie les eaux très ensoleillées, stagnantes ou à faibles courants (mares, étangs jusqu'à 3 m de fond), cours d'eau, canaux, fossés, et différents types de zones humides.

Elle est peu exigeante en termes de nutriments et de substrat (vases émergées, bancs de galets, gravières, etc.) mais sa croissance est très rapide dans les milieux eutrophes. On a observé localement une colonisation de prairies humides.

 

Origine

La jussie rampante est originaire d'Amérique du Sud, introduite en Afrique, Amérique du Nord, Australie et en Europe, principalement pour fleurir les bassins et les aquariums.

 

En France, la jussie rampante et la jussie à grandes fleurs (ludwigia grandiflora) ont été signalées comme accidentellement introduites dès 1820-1830 dans le Lez à Montpellier, puis rapidement naturalisées dans le Gard et dans l'Hérault. Elles ont gagné la Bretagne, le sud, le nord et l'est de la France.

 

Après une longue phase de latence, elle gagne du terrain dans les années 1970 dans le Sud et en 1990-2000 dans le Nord, probablement en raison du réchauffement climatique et d'hivers plus doux.

 

Impacts

La jussie rampante est considérée comme une des espèces de plante aquatique envahissante les plus problématiques à l'échelle européenne. À la manière des lentilles d'eau, la jussie concurrence la flore aquatique immergée en empêche la pénétration de la lumière vers le fond.

 

Elle peut contribuer aux phénomènes de dystrophisation, voire de zone morte. Elle entraîne un déficit en oxygène, limitant ou empêchant la survie de la plupart des espèces animales.

 

Elle peut aussi entraver le bon fonctionnement de systèmes d'irrigation, de drainage et d'arrosage.

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OCTOBRE

Publié le 20 octobre 2018

Raisin d'Amérique : attention toxique

 

Connaissez-vous le raisin d'Amérique ? Rien à voir avec ce raisin que l'on déguste à l'automne et dont les bienfaits sont avérés sur la santé. Rien à voir non plus, avec le cousin d'Amérique, riche parent éloigné…

 

Pour être franc, ce raisin d'Amérique là, on s'en serait bien passé. Il s'agit d'une plante invasive. Une de plus ! qui colonise actuellement notre pays.

 

Le raisin d'Amérique ou teinturier (phytolacca americana) est une espèce de plante herbacée, vivace, de la famille des phytolaccaceae. Elle est originaire du sud-est de l'Amérique du Nord, du Midwest et de la côte du golfe du Mexique.

 

C'est une plante toxique. Elle est devenue invasive sur une partie des territoires où elle a été introduite, souvent volontairement comme plante décorative ou pour d'autres usages. Elle est un danger pour les populations humaines et certains animaux. Sa concentration en toxines croît avec la maturité de la plante. Ses fruits sont toxiques, la plante est néanmoins encore vendue et cultivée comme espèce horticole ornementale. Dans la nature, elle se retrouve dans des pâturages et souvent sur des zones récemment déboisées (coupes rases). On la trouve aussi dans les jardins, friches, le long de clôtures et lisières forestières et dans des zones de collectes de déchets.

 

Description

Cette plante est grande, vigoureuse et à croissance rapide. Elle peut monter jusqu'à 2 m.

 

Les feuilles sont simples et assez grandes, d'un vert moyen et lisse, avec une odeur jugée désagréable par certains. Portées par de longs pétioles, elles sont disposées alternativement le long des tiges.

 

Les tiges sont robustes, lisses, vertes à rosâtres, rouges ou violacées et à moelle chambrée.

 

Les fleurs apparaissent au début de l'été et sont actives jusqu'au début de l'automne. Vertes à blanches, elles mesurent jusqu'à 5 cm de large. Elles sont parfaites, radialement symétriques, en grappes érigées et allongées, retombant au fur et à mesure que les fruits mûrissent

 

Les baies sont charnues, d'abord vertes, puis blanchâtres, puis pourpre à presque noire.

 

En Europe, elle s'est répandue dans les secteurs boisés humides à sec le long de ripisylves et sur les sols riches en friche ou ayant subi des coupes rases forestières, notamment sur sols sableux et/ou acide (landes de Gascogne où elle est la plus présente et en expansion). La plantule développe rapidement une vigoureuse racine.

 

Si vous en voyez contacter le CPIE 47.

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SEPTEMBRE

Publié le 15 septembre 2018

Alerte aux espèces invasives : tous concernés !

Pour le compte de l'agence régionale de santé, le CPIE 47 anime un stand d'information et de sensibilisation sur l'ambroisie et sur le moustique sur la Foire d'Agen.

La semaine prochaine, le CPIE 47 élargira à d'autres espèces invasives, à l'occasion de la Foire Exposition du Grand Villeneuvois. La prolifération des espèces exotiques envahissantes (EEE) est aujourd'hui une réalité qui nous concerne tous.

Les stars du moment s'appellent moustique tigre et ambroisie. Des risques sanitaires existent et la surveillance est lise en place.Elles volent la vedette à la pyrale du buis et au frelon asiatique, qui ont déjà causé des dégâts et semé quelques frayeurs.

 

Le saviez-vous ?

"Le coin nature" vous livre aujourd'hui une information de première importance.

Un nouvel envahisseur a fait son apparition. Le capricorne asiatique des agrumes (anoplophora chinensis) est un coléoptère originaire d'Asie. Il a été identifié sur la commune de Royan (Charente-Maritime) en juillet 2018. Cet insecte représente une menace pour plusieurs espèces de feuillus à bois tendre tels que les érables, platanes charmes, saules, peupliers, arbres à agrumes...

 

Reconnaître l'insecte (anoplophora chinensis)

Les adultes d'anoplophora chinensis ont une silhouette caractéristique des longicornes : les antennes sont au moins aussi longues que les corps.

Le corps est entièrement noir brillant ponctué de tâches blanches ou beige clair, de forme et nombre variables. Les antennes présentent des tâches blanches à reflets bleutés.

 

La partie antérieure des élytres est fortement granuleuse, ce qui le différencie de l'autre espèce de capricorne asiatique, anoplophora glabripennis, qui est également à nous signaler.

 

Localiser les adultes

Les adultes sont visibles d'avril à octobre (avec un pic de population entre juin et août). Ils colonisent uniquement les arbres vivants. Ils sont à rechercher principalement sur les rameaux où ils se nourrissent de l'écorce, voire sur le tronc à leur émergence.

 

En cas de découverte, n'hésitez pas à les capturer, à les enfermer dans un récipient clos (pot de confiture par exemple) et à les mettre au congélateur pour les tuer.

 

Ils se laissent facilement tomber lorsqu'on secoue l'arbre ou tape sur les branches. Ils ne présentent aucun risque de morsure.

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JUIN

Publié le 23 juin 2018

L'ambroisie : allez, arrachez et respirez en paix !

 

Quelle est cette plante qui dérange notre tranquillité et affiche aujourd'hui samedi 23 juin sa journée internationale ?

 

L'ambroisie à feuilles d'armoise est aujourd'hui présente partout en France, y compris en Nouvelle Aquitaine. En Lot-et-Garonne, elle est encore mal repérée.

L'Agence régionale de santé coordonne les actions de surveillance et de lutte contre cette plante hautement allergène. Plusieurs organismes (CPIE, Fredon, chambre d'agriculture, collectivités, services de routes) auscultent les zones propices à sa propagation. Le site : http//www.signalement-ambroisie.fr/recueille les observations des particuliers. Agir contre son expansion est un enjeu de santé publique qui requiert l'implication de tous.

 

Ses feuilles sont profondément découpées jusqu'à la nervure centrale, vertes sur leurs deux faces avec des nervures blanchâtres. La tige rougeâtre et striée, et les feuilles sont recouvertes de duvet. Sa taille varie généralement de 30 cm à 1,20 m de hauteur.

 

Fleurie de juillet à septembre, elle peut répandre plus d'un milliard de grains de pollen dans l'air, dans un rayon de 100 km grâce au vent.

 

On peut la trouver sur les bords de route, friches, cultures de printemps, berges de rivière et intercultures. Autrement dit, à peu près partout autour de nous…

 

Risques pour la santé et les cultures

Ses pollens provoquent de fortes réactions allergiques. Cinq grains de pollen par m3 suffisent à provoquer des symptômes. L'ambroisie provoque ce que l'on appelle communément le rhume des foins, rhinites et conjonctivites. Elle peut aussi provoquer asthme, urticaire et eczéma. Pour les professionnels de l'agriculture, elle pose problème car la plante est invasive.

 

Que faire ?

Elle ne supporte pas bien la concurrence. Pour éviter son apparition, il suffit de semer une autre plante, en couvre-sol. Quand elle est présente, les choses se compliquent. Une plantule tondue d'ambroisie produit non pas un mais deux rameaux fleurissant en même temps. Il est donc impératif d'arracher ces plantes avec leurs racines.

 

Si vous en trouvez sur votre terrain, arrachez-la soigneusement, idéalement quand la plante est jeune. Encore faut-il la repérer et bien l'identifier… C'est ce que propose le CPIE, cet après-midi, à Saint-Sylvestre, dans le cadre de la Journée internationale de l'ambroisie.

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Publié le 16 juin 2018

L'ambroisie : apprendre à la connaître et à s'en protéger

 

On trouve l'ambroisie sur des terres dénudées.

C'est le samedi 23 juin, date qui marque la Journée Internationale de l'Ambroisie, qu'une sortie grand public sera organisée sur le territoire du Fumélois-Lémance et à Saint-Sylvestre précisément. Sortie consacrée à cette plante exotique envahissante qui prend de l'ampleur.

 

L'ambroisie appartient à la famille des astéracées (même famille que le tournesol). C'est une plante originaire d'Amérique du Nord. On note sa première apparition en 1863. C'est une espèce pionnière définie comme opportuniste mais très peu compétitive.

 

La levée se fait entre avril et juin, le développement végétatif entre mai et juillet. La floraison et l'émission de pollen se fait entre la fin du mois de juillet et le début du mois d'octobre avec un pic de production de pollen en septembre. La fructification intervient en octobre.

 

Habitat

On la trouve sur des terres dénudées : décombres, décharges, champs de maïs et tournesol, terrains vagues, jachères, sols graveleux. C'est une plante annuelle monoïque (c'est-à-dire fleurs mâles et femelles séparées).

 

Ses feuilles sont très découpées. Elles sont opposées à la base puis alternent vers le sommet.

 

Les graines sont viables dans le sol pendant dix ans. Imaginez un peu le résultat ! Elles ne se développent que si elles affleurent et si la température est comprise entre 20 et 25°C.

 

Les épis supérieurs sont les fleurs mâles qui possèdent les pollens allergènes.

 

Invasion

L'invasion est favorisée par les activités humaines, la plante est disséminée par l'eau, les semelles de chaussures, les pneus de camions, les graines à oiseau mais surtout par le travail et le transport de sol.

 

6 à 12 % de la population est sensible à l'ambroisie. Il suffit de 5 grains de pollen par mètre cube pour voir l'apparition des premiers symptômes qui sont : la rhinite, la conjonctivite, la trachéite, l'asthme et l'eczéma.

 

Pour en savoir plus rejoignez dès maintenant les activités proposées par le CPIE 47.

 

L'occasion de faire le point avec des spécialistes, pour lutter efficacement contre cette plante invasive. Inscription préalable et renseignement au 05 24 32 69 77.

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MARS

Publié le 31 mars 2018

Espèces exotiques : une menace pour la biodiversité

Les écrevisses de Louisiane font partie des espèces exotiques envahissantes. (Photo CPIE, J.-M. Torrès)

 

L'introduction d'espèces exotiques est l'une des causes majeures d'atteintes à la biodiversité. En lien avec ses engagements, la France a mis en place un dispositif de lutte contre ces espèces exotiques et leurs conséquences.

Une espèce exotique envahissante est une espèce dont l'introduction par l'homme, volontaire ou non, menace les écosystèmes, les habitats naturels ou les espèces locales avec des conséquences écologiques, économiques et sanitaires négatives. Elles accaparent une part trop importante des ressources dont les espèces indigènes ont besoin pour survivre ou elles s'en nourrissent directement. Les espèces exotiques envahissantes sont aujourd'hui considérées comme l'une des principales menaces pour la biodiversité.

 

Des dommages importants aux écosystèmes

Un système de veille, de lutte, d'éradication, de police de la nature et de communication a été mis en place.

De par sa diversité de climats et de milieux, sa position de carrefour géographique en matière de flux de marchandises et de personnes entre l'est et le sud de l'Europe, la France est fortement touchée par la présence d'espèces exotiques envahissantes. Introductions volontaires, comme le ragondin ou le vison d'Amérique pour l'exploitation de leur fourrure ou fortuites comme le frelon asiatique ou la jussie rampante, certaines espèces causent des dommages importants aux écosystèmes et peuvent avoir des impacts économiques et sanitaires importants, notamment sur les activités agricoles et forestières.

 

Les espèces ont de tout temps voyagé. Dissémination des graines par le vent et les animaux, déplacements naturels liés aux bouleversements climatiques et géologiques, colonisations humaines qui emportaient avec eux les espèces. L'accélération des flux de circulation à l'échelle de la planète (marchandises, tourisme, flux migratoires forcés…) a renforcé d'autant l'introduction volontaire à des fins utilitaires ou d'ornement, ou fortuite de nouvelles espèces par voie terrestre (route, ferroviaire), fluviale, aérienne ou maritime. Nous sommes donc tous concernés. La CAGV et le CPIE proposent pour encore une semaine à la piscine de Malbentre, des panneaux d'information sur deux espèces très surveillées et désormais bien installées, le moustique-tigre et l'ambroisie. L'occasion de se plonger sans retenue dans l'information fiable et ludique qui vous est proposée.

 

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