Flore


MARS

Publié le 23 mars 2019

Côté jardin, c'est la fête du printemps

 

Signe annonciateur, les giboulées de mars sont caractéristiques de ce mois charnière entre la fin de l'hiver et le début du printemps, avec des averses de pluie forte, de grêle, de neige fondue, de grésil. Des froids assez rigoureux peuvent encore se produire. Les giboulées de mars marquent juste l'arrivée progressive du printemps, vous allez donc pouvoir recommencer de façon plus intense, progressivement, vos interventions au jardin.

 

Les fleurs se développent de plus en plus, les protections hivernales vont pouvoir être progressivement retirées, et vous allez pouvoir vous adonner aux tailles de mars, réputées les meilleures, selon l'adage bien connu.

 

Au verger c'est le moment de greffer, tailler, planter… Depuis quelques mois, les arbres fruitiers attendent leur tour. Si la taille n'a pas encore été faite, ne tardez plus car les fruitiers mettent leurs feuilles, et déjà pour certains leurs fleurs.

 

Au jardin d'ornement

 

Les fleurs de saison pointent leur nez et commencent à égayer le jardin : primevères, amélanchier, cognassier du Japon, prunus, mimosa, et évidemment l'incontournable forsythia jaune, annonciateur de l'arrivée du printemps !

 

Plantez les vivaces ainsi que les bulbes à floraison estivale et automnale. Semez les annuelles, uniquement sous abris : pétunias, verveines, sauges, œillet d'Inde, cosmos…

 

Pour les arbustes, taillez toutes les haies, ainsi que le camélia défleuri, l'hibiscus, la glycine… Taillez aussi vos derniers rosiers. Terminez la plantation des arbustes caduques à racines nues et des arbustes persistants en motte.

 

Au potager

 

Les semis sous châssis et les premières divisions de plants ouvrent le bal. En passant par la serre, on active les semis délicats qui s'impatientent déjà… Le potager commence à s'agiter : boutures, plantation des bulbes comestibles, divisions de certaines aromatiques, et nombreux semis précoces et délicats sous châssis…

 

N'oubliez pas cependant que les protections hivernales sont encore utiles. Patience, le printemps qui s'annonce est une saison d'effervescence pour tous les jardiniers.

 

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Publié le 03 mars 2019

Quand mars arrive, le jardin s'éveille…

 

Depuis quelques jours, la nature s'éveille. L'occasion d'aller au parc des expos de Villeneuve où le Salon de l'Habitat a lieu jusqu'à aujourd'hui dimanche. Le CPIE y invite le public à découvrir «un carré pour la biodiversité» pour se familiariser avec la nature et le jardin au naturel. Ce «carré» pourra vite devenir un espace de rêve pour la faune et la flore locale et ce que l'on appelle aussi «la nature ordinaire».

 

Définition

Un carré pour la biodiversité est un observatoire grandeur nature, accessible à tous. Il s'adresse à tous (adultes, enfants, professionnels, collectivités, associations) et à tous les espaces.

En créant «un carré» jusqu'à la fin de l'été (sans coupe, ni engrais, ni pesticide), les volontaires pourront alors observer, seuls, en groupe, ou en famille, les espèces végétales et animales qui s'y développent. Le carré pour la biodiversité devient un support pédagogique d'observation et d'investigation scientifique. La découverte d'espèces assez communes, mais pourtant méconnues met les sciences participatives à l'honneur.

 

Marche à suivre.

Pour faciliter les observations et analyser les données recueillies, les participants utilisent un ou plusieurs protocoles scientifiques selon les espèces présentes, le milieu choisi, et le niveau de chacun. Les protocoles proposés par les CPIE sont établis par le Muséum national d'histoire naturelle. Les participants contribueront à améliorer le niveau de connaissance sur la répartition et l'abondance des espèces sur tout le territoire français.

 

Avec le CPIE 47.

Cette action concrète est une véritable occasion de se tourner vers des pratiques alternatives, favorables à la préservation de la biodiversité. Elle permet de prendre conscience de l'impact néfaste sur la nature et la santé, de l'utilisation des désherbants, pesticides, engrais chimiques, etc. Elle encourage de nouvelles pratiques d'entretien différencié des espaces verts et des jardins. Pour en savoir plus rendez-vous au Salon de l'habitat. Entrée gratuite.

 

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FÉVRIER

Publié le 16 février 2019

Zones humides et partage de l'eau - Acte III

La reconnaissance des intérêts patrimoniaux et fonctionnels des zones humides au niveau international prend consistance en 1971 par la ratification de la convention RAMSAR.

Elle est relayée par des directives-cadres européennes (Directive cadre eau, 2000). En France, il faut attendre la loi sur l'eau de 1992 (loi n° 92-3) pour voir la prise en compte de zones humides notamment à travers leur capacité à contribuer à la gestion équilibrée de la ressource en eau. Les critères de végétation et d'hydrologie y sont suffisants pour définir une zone humide. Ce sont des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d'eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l'eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d'eau marine dont la profondeur à marée basse n'excède pas 6 m». Un seul critère est mis en avant, la présence de l'eau (avec une notion de profondeur), avec intégration de quelques baies et estuaires.

 

L'eau, c'est la vie

Caractérisées par leur richesse écologique, les zones humides jouent un rôle fondamental pour la préservation de la diversité biologique, la lutte contre les inondations et le maintien de la qualité des eaux. Lieux d'une grande productivité, elles abritent 35 % des espèces rares et en danger. Ce sont également des milieux complexes et spécifiques car l'efficacité de leurs fonctions dépend à la fois du type de zone humide (alluvial, stagnant, maritime…) et des caractéristiques hydrogéomorphologiques du site considéré (hydrologie, nature des substrats traversés, battement, forme de la vallée, pédologie…).

   

Un patrimoine mondial

Longtemps considérées comme des milieux insalubres, sources de maladies et de disparitions, les zones humides ont suscité des inspirations négatives dans l'imaginaire de l'homme. Au fil des siècles, elles ont été investies et domptées, assainies par certains, asséchées par les autres. Qui se souvient que la ville de Bordeaux, tant adoubée aujourd'hui par l'opinion publique pour son attrait et son patrimoine reconnu mondial par l'Unesco, est construite sur des zones de marécages autrefois insalubres ?

 

Une actualité locale

L'eau aiguise les appétits. La polémique autour du projet de lac de Caussade échauffe les esprits selon que l'on parle d'usages de l'eau, de partage de la ressource, ou d'accaparation d'un bien public. Les intérêts divergent et cristallisent les rancœurs. Un débat sur l'eau qui fera encore couler beaucoup d'encre… et qui n'est pas près de se tarir.

 

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Publié le 09 février 2019

Zones humides : on y revient pour l'acte 2

Comme évoqué la semaine dernière, les zones humides sont des réservoirs de biodiversité qui rendent de nombreux services. On les décrit comme de véritables éponges naturelles, elles participent aussi à la lutte contre le changement climatique.

Régulateur naturel

 Reconnues aujourd'hui pour leur rôle de régulation du climat, elles peuvent influencer localement les précipitations et la température atmosphérique via les phénomènes de transpiration et d'évapotranspiration, et peuvent modérer les effets de sécheresse.

 

Les zones humides sont les plus importants puits de carbone naturels, un carbone séquestré par la végétation très diversifiée qui s'y trouve, via la photosynthèse.

 

 Bénéfice reconnu

Les zones humides offrent un bénéfice pour ce que l'on nomme traditionnellement «les usages», avec une production de biens et de services aujourd'hui mesurables : valeurs économiques, touristiques, récréatives, culturelles, patrimoniales, éducatives, esthétiques, scientifiques, mais aussi des services de production et d'approvisionnement, y compris pour la santé humaine…

 

Le saviez-vous ?

Créée par la loi sur l'eau de 1964, l'Agence de l'eau Adour-Garonne est un établissement public de l'État. Elle a pour missions de lutter contre la pollution et de protéger l'eau et les milieux aquatiques. Le changement climatique est une réalité qui va impacter au quotidien l'environnement, les populations, et les territoires du bassin Adour-Garonne. L'agence propose également de façon régulière, des débats publics sur l'eau au cours desquels chacun peut s'informer, et donner son avis.

 

À venir

Le mercredi 20 février, à 14 h 30, le CPIE 47 proposera une nouvelle sortie de terrain à la découverte des zones humides sur le site du Moulin de la Ville à Tombeboeuf. Au programme, une présentation du travail engagé depuis plus de 12 ans maintenant, notamment le maintien et l'entretien des zones situées de bords de ruisseau, zones inondables qui jouent un rôle tampon de régulation. Une contribution locale et efficace pour diminuer l'impact du changement climatique.

 

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Publié le 02 février 2019

Les zones humides : des éponges naturelles

 

Chaque année le 2 février la Journée Mondiale des Zones Humides célèbre l'anniversaire de la «Convention de Ramsar», du nom de la ville d'Iran où elle a été signée le 2 février 1971.

 Les zones humides sont des «éponges naturelles» qui reçoivent de l'eau, la stockent et la restituent. Elles jouent ainsi un rôle dans la prévention contre les inondations.

 

Elles limitent l'assèchement des nappes phréatiques en période chaude en restituant progressivement l'excès d'eau stocké en période pluvieuse.

D'un point de vue physiques et biochimiques elles sont des filtres naturels qui contribuent au maintien et à l'amélioration de la qualité de l'eau.

 

 Réservoirs de biodiversité

 

Véritables épurateurs elles ont la capacité de retenir voire d'éliminer les matières en suspension, les polluants (métaux lourds, produits phytosanitaires…) et les nutriments notamment par le biais des végétaux.

 

Les zones humides sont aussi de véritables réservoirs de biodiversité qui confirment leurs fonctions écologiques. Elles présentent un véritable intérêt patrimonial. Elles réunissent de nombreux habitats et de nombreuses espèces, 30 % des espèces végétales remarquables et menacées et 50 % environ des espèces d'oiseaux. Ce sont des zones d'alimentation, de reproduction, d'abris, de refuge, et de repos pour une multitude d'espèces animales et végétales et assurent des fonctions vitales pour le cycle de vie.

Les zones humides participent aussi à la lutte contre le changement climatique. On en reparlera la semaine prochaine.

 

Tout près de nous, le vallon de Vergnote reconnu espace naturel remarquable, fait partie du réseau régional des sites naturels. C'est le résultat d'un travail engagé par le CPIE et la commune de Masquières.

Samedi prochain 9 février après midi, une visite gratuite lui est consacrée pour découvrir l'action engagée depuis 2007.

 

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DÉCEMBRE

Publié le 08 décembre 2018

La haie : un univers aux multiples visages

 

La haie est un écosystème à elle seule. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer la vie qui s'y développe. Et de se souvenir que le petit gibier était encore très présent à la fin du siècle dernier.

Il a presque totalement disparu au rythme des chasseurs eux-mêmes et d'une agriculture aveugle.

Aujourd'hui, dans la plupart des campagnes, on ne voit guère de lapins, lièvres, perdrix, horms d'élevage ou dans quelques rares espaces encore préservés. C'est tout aussi vrai pour les hérissons, les batraciens et reptiles, les oiseaux, fauvettes, alouettes, pies-grièches, chouettes chevêches et bien d'autres. La liste est longue.

 

Perte de biodiversité

 La perte de biodiversité s'accélère depuis une trentaine d'années. On pointe la disparition de 30 % des oiseaux dans les campagnes, 80 % des insectes volants et 60 % des effectifs d'animaux sauvages dans leur globalité. À ce rythme, que restera-t-il dans trente ans pour éveiller les enfants du milieu rural à la nature ? Des tablettes, reflet d'un désert biologique, comme on a déjà les déserts médicaux…

 

Quel rapport avec les haies ? Celui d'un lien fondamental qui sert de couloir pour passer d'un espace à l'autre, d'un bosquet à un autre, d'un coteau à celui d'à côté. Les espèces s'y déplacent, trouvent nourriture, se mettent à l'abri, se protègent et se reproduisent dans de bonnes conditions. Elles renforcent ainsi leur diversité génétique. On parle de «trame verte» pour caractériser cette fonction de corridor. Ou de trame bleue pour les continuités entre fossés, ruisseaux et fleuves, toutes ces zones qui relient entre eux les milieux aquatiques, mares, zones humides. Ainsi, ces continuités dites écologiques permettent le déplacement des populations et leur maintien en bon état de conservation.

 

Plantez des haies !

Lors des travaux d'aménagements ou de créations d'infrastructures, ces questions sont aujourd'hui, en principe, prises en compte. Si le travail est bien fait, des mesures compensatoires sont prévues pour réduire l'impact, les atteintes et dommages causés à l'environnement. Rompre la continuité d'une haie, c'est rompre une voie de circulation, couper la communication. Allez, ne perdez pas le moral ! Faites comme le CPIE-ARPE 47, l'Association climatologique moyenne Garonne, Arbre et Paysage 32 dans le Gers, Arbre et Paysages 33, Campagne vivante en Tarn-et-Garonne, Prom'haies en Charente, ou encore Arbres et Paysages d'autan, et bon nombre d'autres associations un peu partout en France. Il en existe des dizaines et des dizaines en France regroupées au sein de l'AFAHC (Association française arbres et haies champêtres). Plantez, plantez sans cesse ! C'est le moment, il en restera toujours quelque chose…

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Publié le 01 décembre 2018

Arbres et haies champêtres : des réservoirs de biodiversité

 

Depuis des décennies et peut-être des siècles, il se raconte «qu'à la sainte Catherine tout bois prend racine». En ce tout début décembre et à l'approche de l'hiver, parlons d'arbres et de haies, et retournons aux racines… Depuis sa création en 1983, l'association ARPE 47 informe le public, propose et accompagne des plantations de haies champêtres dans le département. Association membre d'un réseau national, l'ARPE 47 affiche au compteur un résultat éloquent et de multiples animations sur ce thème de l'arbre et de la haie champêtre.

Le saviez-vous ?

Plus de 150 000 arbres de haies champêtres ont été plantés dans le département depuis 35 ans avec l'appui technique de l'association ARPE 47-CPIE. Ce travail a été engagé par des responsables associatifs bien avant les programmes officiels subventionnant les plantations de haies. Il n'est pas étonnant de voir ici ou là de belles haies diversifiées dans des établissements scolaires (collège Crochepierre à Villeneuve), en bordure de salles des fêtes (Aubiac ou Beauville), dans les périmètres des écoles (La Sauvetat, Auradou), le long des routes du département et sur de très nombreuses exploitations agricoles. Des haies de tous types, bien conçues, adaptées aux besoins, aux usages, ou quelles que soient les cultures et les vocations, les haies et arbres champêtres sont présents dans le paysage.

 

C'est ainsi le long des champs et près des villes et des villages que les arbres et les haies ont acquis leurs lettres de noblesse. Ils sont encore pourtant mis à mal, notamment par des entretiens inadaptés.

 

Parmi les pionniers et les défenseurs de l'arbre et de la haie, Dominique Soltner, enseignant et ingénieur agronome de l'ouest de la France, a sans aucun doute créé et suscité de nombreuses vocations de planteurs, d'écologistes et d'amoureux de la nature.

 

Les techniques qu'il a vulgarisées pendant des décennies sont toujours d'actualité aujourd'hui. Un bon travail du sol, l'utilisation de jeunes plants, le choix des espèces adaptées au sol et au climat, la diversification des espèces, le paillage du sol, sont quelques-uns des grands principes qui ont accompagné les premières plantations de haies champêtres partout en France et dans le département. Ces expérimentations ont été à l'origine des premières opérations collectives, et aux commandes groupées de jeunes plants destinés à reconstituer les haies mises à mal par l'intensification de l'agriculture et les opérations de remembrement.

 

Rôles majeurs

L'arbre et la haie structurent le paysage et rendent des services irremplaçables. Effet brise-vent protection des cultures et des bâtiments, lutte contre l'érosion des sols, régulation de l'eau et lutte contre les inondations, rôle de protection du bétail et de l'ensemble de la faune, intégration paysagère, bois énergie, etc.

 

L'arbre et la haie constituent de précieux réservoirs de biodiversité et désormais de formidables corridors écologiques. Ils permettent tout à la fois abri, nourrissage, nidification, reproduction, et favorisent le déplacement de multitudes d'espèces. Un univers entier au service de la nature et de l'homme.

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NOVEMBRE

Publié le 17 novembre 2018

La jussie : une rampante bien malvenue

 

La jussie rampante (ludwigia peploides) est une plante aquatique qui a colonisé de nombreuses zones humides européennes. La jussie rampante est une plante de la famille des onograceae. Plante herbacée rampante qui se développe à partir de rhizomes, avec une tige florale à port dressé mesurant jusqu'à 0,8 m de hauteur. Les feuilles sont alternes, pétiolées, ovales, de couleur vert luisant, presque glabres en face supérieure, velues en face inférieure.

Les fleurs sont de couleur jaune vif, solitaires, portées par des pédoncules floraux rouges. La floraison a lieu au début de l'été et dure jusqu'à l'automne. Le fruit est une capsule allongée.

 

La jussie se développe sous forme d'herbiers aquatiques très denses, parfois presque impénétrables, immergées ou émergées, en produisant des tapis de tiges plus ou moins rigides pouvant atteindre 6 m de long.

Elle apprécie les eaux très ensoleillées, stagnantes ou à faibles courants (mares, étangs jusqu'à 3 m de fond), cours d'eau, canaux, fossés, et différents types de zones humides.

Elle est peu exigeante en termes de nutriments et de substrat (vases émergées, bancs de galets, gravières, etc.) mais sa croissance est très rapide dans les milieux eutrophes. On a observé localement une colonisation de prairies humides.

 

Origine

La jussie rampante est originaire d'Amérique du Sud, introduite en Afrique, Amérique du Nord, Australie et en Europe, principalement pour fleurir les bassins et les aquariums.

 

En France, la jussie rampante et la jussie à grandes fleurs (ludwigia grandiflora) ont été signalées comme accidentellement introduites dès 1820-1830 dans le Lez à Montpellier, puis rapidement naturalisées dans le Gard et dans l'Hérault. Elles ont gagné la Bretagne, le sud, le nord et l'est de la France.

 

Après une longue phase de latence, elle gagne du terrain dans les années 1970 dans le Sud et en 1990-2000 dans le Nord, probablement en raison du réchauffement climatique et d'hivers plus doux.

 

Impacts

La jussie rampante est considérée comme une des espèces de plante aquatique envahissante les plus problématiques à l'échelle européenne. À la manière des lentilles d'eau, la jussie concurrence la flore aquatique immergée en empêche la pénétration de la lumière vers le fond.

 

Elle peut contribuer aux phénomènes de dystrophisation, voire de zone morte. Elle entraîne un déficit en oxygène, limitant ou empêchant la survie de la plupart des espèces animales.

 

Elle peut aussi entraver le bon fonctionnement de systèmes d'irrigation, de drainage et d'arrosage.

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OCTOBRE

Publié le 20 octobre 2018

Raisin d'Amérique : attention toxique

 

Connaissez-vous le raisin d'Amérique ? Rien à voir avec ce raisin que l'on déguste à l'automne et dont les bienfaits sont avérés sur la santé. Rien à voir non plus, avec le cousin d'Amérique, riche parent éloigné…

 

Pour être franc, ce raisin d'Amérique là, on s'en serait bien passé. Il s'agit d'une plante invasive. Une de plus ! qui colonise actuellement notre pays.

 

Le raisin d'Amérique ou teinturier (phytolacca americana) est une espèce de plante herbacée, vivace, de la famille des phytolaccaceae. Elle est originaire du sud-est de l'Amérique du Nord, du Midwest et de la côte du golfe du Mexique.

 

C'est une plante toxique. Elle est devenue invasive sur une partie des territoires où elle a été introduite, souvent volontairement comme plante décorative ou pour d'autres usages. Elle est un danger pour les populations humaines et certains animaux. Sa concentration en toxines croît avec la maturité de la plante. Ses fruits sont toxiques, la plante est néanmoins encore vendue et cultivée comme espèce horticole ornementale. Dans la nature, elle se retrouve dans des pâturages et souvent sur des zones récemment déboisées (coupes rases). On la trouve aussi dans les jardins, friches, le long de clôtures et lisières forestières et dans des zones de collectes de déchets.

 

Description

Cette plante est grande, vigoureuse et à croissance rapide. Elle peut monter jusqu'à 2 m.

 

Les feuilles sont simples et assez grandes, d'un vert moyen et lisse, avec une odeur jugée désagréable par certains. Portées par de longs pétioles, elles sont disposées alternativement le long des tiges.

 

Les tiges sont robustes, lisses, vertes à rosâtres, rouges ou violacées et à moelle chambrée.

 

Les fleurs apparaissent au début de l'été et sont actives jusqu'au début de l'automne. Vertes à blanches, elles mesurent jusqu'à 5 cm de large. Elles sont parfaites, radialement symétriques, en grappes érigées et allongées, retombant au fur et à mesure que les fruits mûrissent

 

Les baies sont charnues, d'abord vertes, puis blanchâtres, puis pourpre à presque noire.

 

En Europe, elle s'est répandue dans les secteurs boisés humides à sec le long de ripisylves et sur les sols riches en friche ou ayant subi des coupes rases forestières, notamment sur sols sableux et/ou acide (landes de Gascogne où elle est la plus présente et en expansion). La plantule développe rapidement une vigoureuse racine.

 

Si vous en voyez contacter le CPIE 47.

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Publié le 13 octobre 2018

Houblon : un petit loup qui sort du bois

 

Le houblon ou houblon grimpant (Humulus lupulus) est une plante herbacée vivace, grimpante, de la famille des Cannabaceae. C'est une liane à grosse racine charnue de laquelle partent de longues tiges herbacées à section quadrangulaire qui s'enroulent à vive allure autour de leur support. On le nomme aussi parfois vigne du Nord, salsepareille indigène, bois du diable ou couleuvrée septentrionale.

Les Romains, croyant que le houblon suçait la sève des arbres sur lesquels il grimpait, l'appelèrent lupulus, «petit loup». Luppolo signifie «houblon» en italien. La plante développe des tiges allongées, jusqu'à plus de 10 m, volubiles aux feuilles opposées, à 3 ou 5 lobes.

 

C'est une plante dioïque. Les plants femelles produisent des chatons qui, à floraison, deviennent des cônes ovoïdes couverts d'une résine odorante et pulvérulente, appelée la lupuline. Les fruits, contenant des graines, sont des akènes globuleux et gris. Les plants mâles portent des fleurs en panicules larges. Le houblon pousse naturellement en milieu frais (clairières, lisières), humide ou en bord d'eau dans les ripisylves. Souvent mis en culture sur des sols plus riches, il est plus sensible aux pucerons et à certains pathogènes. La plantation de haies périphériques est un des moyens de lutte intégrée. Le houblon sauvage semble avoir eu autrefois une certaine importance pour les forestiers. Les archives conservent des témoignages d'amendes données à des personnes ayant coupé du houblon en forêt sans «licence», sans autorisation.

 

Des vertus, qui l'eût cru

Le houblon est utilisé comme plante grimpante décorative dans les jardins d'ornement. On peut également consommer les jeunes pousses cuites comme des asperges. Il est considéré comme anaphrodisiaque et il servirait aussi à protéger contre certains types d'allergies.

 

Il peut être consommé en tisane, car il faciliterait le sommeil. Les longues tiges de houblon récoltées de septembre à novembre peuvent être utilisées pour la vannerie sauvage. En France, le houblon est cultivé dans le Nord et l'Est sur des fils de fer attachés à un réseau de câbles maintenu par des perches de bois à 7 m du sol.

 

En Belgique, il est cultivé sur environ 180 ha dans la région de Poperinge qui produisait environ 363 t par an au début des années 2000. Depuis le XIIe siècle, les inflorescences femelles sont utilisées pour aromatiser la bière. Hildegarde de Bingen (1099-1179) découvrit les vertus aseptisantes et conservatrices du houblon, ainsi que son amertume. Il permettait ainsi à la bière de se conserver mieux et plus longtemps. Auparavant, un mélange d'herbes et d'épices nommé gruit était utilisé pour fabriquer ce que l'on appelait alors la cervoise.

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SEPTEMBRE

Publié le 29 septembre 2018

Colchique d'automne : couleur et fraîcheur

 

Quand la comptine populaire évoque des colchiques dans les prés, Le Coin nature présente aujourd'hui le colchique d'automne (photo J-M. Torrès).

Et pour cause, le rose violet clair de la fleur couvre en ce moment quelques massifs, prairies ou sous-bois.

 

Le colchique d'automne, colchicum autumnale, est une plante herbacée du genre colchicum. Il appartient à la famille des liliaceae. Il fleurit dès la fin août et jusqu'à la mi-novembre et apprécie une exposition mi-ensoleillée en sol ordinaire.

 

C'est une plante assez basse, à corme, d'une taille de 15 à 20 cm. Elle présente la particularité d'avoir deux apparences très différentes.

 

En automne, seules les fleurs apparaissent, naissant d'une spathe tubuleuse au niveau du sol. Elles sont formées de six tépales, trois pétales roses et trois sépales de la même couleur et de même aspect. Six étamines sont insérées sur deux niveaux différents. Les styles courbés à leur extrémité sont terminés par un stigmate décurrent.

 

Au printemps, ce sont les feuilles lancéolées, larges qui apparaissent entourant le fruit, une grosse capsule ovoïde formée d'abord sous terre.

 

Fleur solitaire terminale qui cependant vit groupée. C'est une plante hermaphrodite, avec une pollinisation entomogame, autogame. Le fruit se présente en capsule.

 

On le rencontre en climat européen tempéré, sur des prairies médio-européennes, fauchées, mais aussi en région montagnarde.

 

Ses longues feuilles apparaissent après les fleurs. Laissez-les se dessécher, elles nourrissent les bulbes jusqu'à la prochaine floraison.

 

Toutes les parties du colchique sont toxiques : bulbe, fleur et feuillage. Il fut un temps, où les jouets étaient souvent fournis par la nature. Dans la capsule du colchique d'automne, les graines cliquettent. Pourtant, sachez bien qu'il faut absolument éviter que les enfants cueillent les capsules et ne les avalent.

 

Tout ce qui brille n'est pas d'or, le colchique a aussi pour nom : safran bâtard, ail des prés, chenard, mort-chien, tue-chien, tue-loup, vachette ou veilleuse.

 

À bon entendeur…

 

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Publié le 08 septembre 2018

Rotation des cultures : c'est dans l'air du temps

 

Voici septembre, la rentrée et le retour du coin nature. L'arrivée prochaine de l'automne montre combien le rythme des saisons nous impacte tous !

En environnement, le terme rotation, associé aux planètes, fait référence au mouvement. Cela sert aussi à caractériser un cycle ou un événement de l'actualité, comme un départ du gouvernement…

Plus sérieusement, la rotation des cultures (Photo J.-M. Torrès), utilisée au jardin ou en agriculture, définit l'assolement.

Ce terme désigne la situation spatiale, géographique des cultures à un moment donné et leur répartition dans les parcelles. C'est une méthode ancestrale, très utilisée au Moyen Âge, pour obtenir un bon rendement sans appauvrir le sol.

Comment ça marche ?

La rotation consiste à faire «tourner» les cultures. Le potager est divisé en plusieurs parcelles, on cultive des plantes qui ont les mêmes besoins en nutriments, compost, fumier et eau. Deux principes pour une terre bien saine : on ne cultive pas deux années de suite la même plante au même endroit et on fait se succéder des plantes dont on consomme des parties différentes (racines, feuilles, fruits graines). Il est de règle de partager en quatre l'espace à cultiver, ce qui permet une rotation sur quatre ou six ans, en fonction de la place disponible, évidemment. Le même légume n'est pas cultivé pendant trois ans au même endroit. On peut aussi installer de l'engrais vert sur une parcelle pour l'enrichir.

À quoi ça sert ?

Le sol s'appauvrit moins rapidement et présente moins de carences. On évite la prolifération des maladies et parasites associés à certains types de plantes. Certains végétaux apportent des nutriments, oligo-éléments, azote, qui serviront aux cultures suivantes. Les pommes de terre permettent par exemple de bien nettoyer la terre, qui se restructure lentement. Pour le jardin, un endroit ensoleillé et abrité du vent est aussi un gage de réussite.

 

Deux rendez-vous grand public reviennent chaque année. La foire d'Agen, du 12 au 16 septembre, et la Foire-Expo du Grand Villeneuvois qui se déroule 20 au 22 septembre à Villeneuve. Venez nous y retrouver.

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JUIN

Publié le 30 juin 2018

Le millepertuis perforé : la plante magique

 

Le millepertuis perforé pousse en petits massifs./ Photo J.-M. Torrès

Le millepertuis perforé, millepertuis commun ou millepertuis officinal (hypericum perforatum L.) est une plante herbacée vivace de la famille des clusiacées.

Les poches sécrétrices transparentes présentes sur le limbe des feuilles allongées donnent l'impression de multiples perforations, particularité à l'origine du nom de millepertuis qui signifie mille trous.

 

Utilisée en médecine et largement popularisée, la plante porte de nombreux surnoms dont le plus célèbre est celui d'herbe de la Saint-Jean. L'usage médicinal du millepertuis (hypericum perforatum) remonte à au moins 2 400 ans.La plante mesure entre 30 et 60 cm de hauteur. Sa fleur est jaune, a 5 pétales en forme d'étoiles. Elle colore allégrement les mains lors de la cueillette.

 

Elle pousse en petits massifs et peut être relativement abondante dans les champs et en bordure de route. Ses feuilles sont parsemées de milliers de petits trous.

 

Un chasse-diable

Elle est associée depuis longtemps aux fêtes du solstice d'été et aux feux de la Saint-Jean. Récoltée en Europe la veille de la Saint-Jean, cette plante de lumière, couleur du Soleil, possédait, dit-on, des vertus surnaturelles : brûlées dans les feux de la fête, elle chassait le diable et les maladies ; gardée chez soi, elle éloignait le tonnerre.

 

Il s'agit d'une plante sauvage héliophile et calcicole. Les bords des chemins, les lisières de forêt, prairies et talus secs, clairsemés et calcaires constituent ses habitats préférés. Le millepertuis craint l'ombre et l'humidité.

 

On le trouve dans toute l'Europe, en Asie, en Afrique du Nord et en Amérique du Nord.

 

Jadis, l'hypericum perforatum était considéré comme une plante magique associée à la magie blanche. Le millepertuis perforé est un très ancien chasse diable, c'est-à-dire qu'il faisait fuir les esprits tourmenteurs. Au Moyen Âge, il n'était pas rare d'en trouver accrochés des bouquets aux portes des granges.

 

Inscrit à la pharmacopée française en 1818, il tomba dans l'oubli à la fin du XIXe siècle. La pharmacologie moderne redécouvre certaines de ses propriétés thérapeutiques.

 

Pour l'heure, Le Coin Nature marque une pause estivale et vous donne rendez-vous à la rentrée prochaine.

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Publié le 23 juin 2018

L'ambroisie : allez, arrachez et respirez en paix !

 

Quelle est cette plante qui dérange notre tranquillité et affiche aujourd'hui samedi 23 juin sa journée internationale ?

 

L'ambroisie à feuilles d'armoise est aujourd'hui présente partout en France, y compris en Nouvelle Aquitaine. En Lot-et-Garonne, elle est encore mal repérée.

L'Agence régionale de santé coordonne les actions de surveillance et de lutte contre cette plante hautement allergène. Plusieurs organismes (CPIE, Fredon, chambre d'agriculture, collectivités, services de routes) auscultent les zones propices à sa propagation. Le site : http//www.signalement-ambroisie.fr/recueille les observations des particuliers. Agir contre son expansion est un enjeu de santé publique qui requiert l'implication de tous.

 

Ses feuilles sont profondément découpées jusqu'à la nervure centrale, vertes sur leurs deux faces avec des nervures blanchâtres. La tige rougeâtre et striée, et les feuilles sont recouvertes de duvet. Sa taille varie généralement de 30 cm à 1,20 m de hauteur.

 

Fleurie de juillet à septembre, elle peut répandre plus d'un milliard de grains de pollen dans l'air, dans un rayon de 100 km grâce au vent.

 

On peut la trouver sur les bords de route, friches, cultures de printemps, berges de rivière et intercultures. Autrement dit, à peu près partout autour de nous…

 

Risques pour la santé et les cultures

Ses pollens provoquent de fortes réactions allergiques. Cinq grains de pollen par m3 suffisent à provoquer des symptômes. L'ambroisie provoque ce que l'on appelle communément le rhume des foins, rhinites et conjonctivites. Elle peut aussi provoquer asthme, urticaire et eczéma. Pour les professionnels de l'agriculture, elle pose problème car la plante est invasive.

 

Que faire ?

Elle ne supporte pas bien la concurrence. Pour éviter son apparition, il suffit de semer une autre plante, en couvre-sol. Quand elle est présente, les choses se compliquent. Une plantule tondue d'ambroisie produit non pas un mais deux rameaux fleurissant en même temps. Il est donc impératif d'arracher ces plantes avec leurs racines.

 

Si vous en trouvez sur votre terrain, arrachez-la soigneusement, idéalement quand la plante est jeune. Encore faut-il la repérer et bien l'identifier… C'est ce que propose le CPIE, cet après-midi, à Saint-Sylvestre, dans le cadre de la Journée internationale de l'ambroisie.

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Publié le 16 juin 2018

L'ambroisie : apprendre à la connaître et à s'en protéger

 

On trouve l'ambroisie sur des terres dénudées.

C'est le samedi 23 juin, date qui marque la Journée Internationale de l'Ambroisie, qu'une sortie grand public sera organisée sur le territoire du Fumélois-Lémance et à Saint-Sylvestre précisément. Sortie consacrée à cette plante exotique envahissante qui prend de l'ampleur.

 

L'ambroisie appartient à la famille des astéracées (même famille que le tournesol). C'est une plante originaire d'Amérique du Nord. On note sa première apparition en 1863. C'est une espèce pionnière définie comme opportuniste mais très peu compétitive.

 

La levée se fait entre avril et juin, le développement végétatif entre mai et juillet. La floraison et l'émission de pollen se fait entre la fin du mois de juillet et le début du mois d'octobre avec un pic de production de pollen en septembre. La fructification intervient en octobre.

 

Habitat

On la trouve sur des terres dénudées : décombres, décharges, champs de maïs et tournesol, terrains vagues, jachères, sols graveleux. C'est une plante annuelle monoïque (c'est-à-dire fleurs mâles et femelles séparées).

 

Ses feuilles sont très découpées. Elles sont opposées à la base puis alternent vers le sommet.

 

Les graines sont viables dans le sol pendant dix ans. Imaginez un peu le résultat ! Elles ne se développent que si elles affleurent et si la température est comprise entre 20 et 25°C.

 

Les épis supérieurs sont les fleurs mâles qui possèdent les pollens allergènes.

 

Invasion

L'invasion est favorisée par les activités humaines, la plante est disséminée par l'eau, les semelles de chaussures, les pneus de camions, les graines à oiseau mais surtout par le travail et le transport de sol.

 

6 à 12 % de la population est sensible à l'ambroisie. Il suffit de 5 grains de pollen par mètre cube pour voir l'apparition des premiers symptômes qui sont : la rhinite, la conjonctivite, la trachéite, l'asthme et l'eczéma.

 

Pour en savoir plus rejoignez dès maintenant les activités proposées par le CPIE 47.

 

L'occasion de faire le point avec des spécialistes, pour lutter efficacement contre cette plante invasive. Inscription préalable et renseignement au 05 24 32 69 77.

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Publié le 09 juin 2018

L'orchis pyramidale : la star de Pentecôte...

La prochaine sortie proposée par le CPIE 47 sur les orchidées aura lieu le mercredi 13 juin, de 14h30 à 16h30, sur le site de Lascrozes. Revenons aujourd'hui sur l'orchis pyramidal, la star de Pentecôte, toujours fleurie en ce moment…

 

L'orchis pyramidal (anacamptis pyramidalis) est une orchidée terrestre européenne. Sa floraison s'échelonne d'avril à juillet. Si je vous en parle aujourd'hui, c'est que le temps pluvieux de ces dernières semaines de mai fait qu'elle est encore très présente dans les jardins, les espaces publics ou sur les bords de route. La plante peut atteindre 60 cm mais oscille le plus souvent entre 10 et 25 cm (photo Jean-Manuel Torrès).

 

Ses feuilles lancéolées dressées sont situées à la base de la plante et d'autres plus petites, peu visibles, sont fixées sur la tige (feuilles caulinaires). L'inflorescence dense forme un épi pyramidal de fleurs serrées. Les fleurs rose soutenu mais dont la couleur peut varier du rose clair au pourpre sont très rarement blanches. Leur labelle, nettement trilobé, muni de deux crêtes saillantes à la base, forme vers l'arrière, un éperon filiforme d'environ 1 cm.

 

Le saviez-vous ?

Cette plante était bien connue autrefois, et certains la nommaient «la Pentecôte»… Car c'est à ce moment de l'année que les gens la cueillaient traditionnellement pour en faire des bouquets. Puis elle a ensuite beaucoup disparu. Elle réapparaît désormais en nombre depuis quelques années.

 

L'hybridation avec d'autres anacamptis a été observée. On nomme cela hybridations interspécifiques. Elle est possible avec des serapias (hybridations intergénériques).

 

La plante ne possède pas de nectar, l'attirance des papillons pour cette dernière est donc un leurre. Comme il s'agit d'assurer la fécondation, la morphologie des fleurs est bien adaptée aux trompes des lépidoptères. Les lépidoptères intéressés peuvent être diurnes ou nocturnes, les genres sont : euphydryas, melanargia, melitaea, pieris, zygaena. Une observation concernant un syrphe comme pollinisateur a été rapportée.

 

L'anacamptis pyramidalis colonise les sols calcaires, les pelouses, les prairies sèches et bien exposées, les talus, jusqu'à 2000 m d'altitude.

 

Cette orchidée se répartit sur le centre et le sud de l'Europe et forme dans certaines régions des populations très abondantes. Présente en Angleterre et en Irlande, elle est très rare en Belgique, où elle atteint, sur le continent, sa limite nord. Elle est commune en France : Alpes, Aquitaine, Corse, Lorraine… En France, l'espèce est classée en préoccupation mineure.

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Publié le 02 juin 2018

L'érable : un arbre adaptable

Les érables sont des arbres et des arbustes du genre acer, appartenant à la famille des sapindacées.

 

La plupart des érables peuvent atteindre entre 10 et 45 m de hauteur. Les autres relèvent plus du terme d'arbrisseau, mesurant moins de 10 m. Ils ont des feuilles caduques mais une minorité en Asie du Sud et dans le bassin méditerranéen sont sempervirentes.

 

La plupart des érables tolèrent le manque de luminosité : beaucoup de petits spécimens s'accommodent de vivre sous la canopée des feuillages des arbres plus grands qu'eux, si bien que les plus grands spécimens deviennent dominants. Le faisceau des racines de l'érable est typiquement dense et fibreux.

 

Les feuilles d'érable sont toujours opposées et sont, dans la plupart des espèces, à nervuration palmée. Les fleurs sont régulières, symétriques, en grappes ou panicule. Elles sont vertes, jaunes, orangées ou rouges.

 

Sirop et ornement

Le fruit appelé samare est jumelé en disamare, en forme d'hélice. La graine peut ainsi, grâce au vent, être transportée sur des distances considérables. Elle parvient à maturité sur l'arbre de quelques semaines à six mois selon l'espèce et est dispersée peu de temps après. Les espèces ont besoin de la stratification pour germer. La graine peut rester dormante plusieurs années avant de germer.

 

Parmi les érables, on trouve des espèces utilisées pour la production du sirop d'érable en Amérique du Nord, des espèces fournissant du bois d'œuvre et d'autres enfin utilisées comme arbres d'ornement pour la forme particulièrement découpée de leurs feuilles ou pour la coloration de leur feuillage en automne.

 

L'érable, comme le frêne, possède une stratégie de croissance et de captation de la lumière typique d'une essence de trouée, qui le rend également apte aux systèmes bocagers.

 

Plus la lumière est disponible, plus il croît vite et de manière importante. Il ne peut, comme le hêtre, réduire sa croissance fortement quand il manque de lumière et ainsi attendre longtemps le retour d'une situation plus ensoleillée.

 

Il montre néanmoins sous le couvert d'autres arbres (au stade buissonnant notamment) une relative plasticité en surdéveloppant la feuillaison du sommet de la couronne, avec un houppier en forme de parapluie pour mieux capter la lumière.

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MAI

Publié le 19 mai 2018

Ayez du charme : comme il vous plaira !

Les charmes constituent un genre d'arbres et d'arbustes de la famille des bétulacées comme l'aulne, le bouleau et le noisetier. Ce genre compte une trentaine d'espèces des régions tempérées de l'hémisphère nord, d'Asie mineure et d'Europe.

 

Le charme fournit un excellent bois de chauffage, du bois de trituration et différents bois de service. Une forêt constituée principalement de charmes est appelée une charmaie ou une charmeraie.

 

Un joli port

Son tronc droit, d'environ 0,50 m de diamètre, se dresse jusqu'à sa cime ovoïde, plutôt étroite, formée de nombreuses branches longues et grêles. Ses branches portent des feuilles caduques, simples, en position alterne, par un court pétiole, souvent rougeâtre.

 

Longues de 5 à 12 cm, large de 3 à 6, celles-ci présentent une forme allongée, ovoïde, à nervures latérales en principe non ramifiées et sont doublement dentées.

 

Le charme apprécie les sols neutres, assez riches, argileux et frais mais redoute les humus acides et les sols marécageux.

 

Après le hêtre et le chêne, c'est l'arbre à feuilles caduques le plus abondant de France, surtout dans les plaines et sur les plateaux du Nord et de l'Est, où il constitue la base des taillis.

 

Il est également souvent utilisé pour former des haies taillées, ou des charmilles.

 

De faible longévité, il ne vis en moyenne que jusqu'à 150 ans.

 

En montagne, on ne le rencontre guère au-delà de 1 100 m.

 

Compagnon du chêne sessile et du hêtre, on le distingue facilement au milieu des autres arbres par son tronc cannelé, comme formé de muscles longs et légèrement sinueux.

 

Et comme on le dit chez nous, lors des sorties découverte des arbres, voici une astuce mnémotechnique très facile pour faire la différence entre le charme et le hêtre : écoutez bien, «le charme d'Adam, c'est d'être à poil». Tout est dit ou presque… observez la feuille et à la semaine prochaine.

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Publié le 05 mai 2018

Le chêne pédonculé : un atout pour la paysage

 

Son nom latin quercus robur signifie «chêne robuste». C'est un grand arbre en général de 25 à 35 m de haut qui peut dépasser les 40 m. Sa longévité est d'environ 500 ans mais peut varier de 700 à 1 200 ans.

 

C'est une espèce d'arbres à feuillage caduc originaire des régions tempérées d'Europe, appartenant à la famille des fagacées. Son fruit est porté par un long pédoncule.

Sa silhouette est caractéristique avec sa cime en dôme ample, un houppier irrégulier avec de grosses branches horizontales noueuses, et un feuillage réparti en amas denses entrecoupés d'éclaircies. Chez les jeunes arbres l'écorce est grise, lisse et brillante, puis devient sombre, épaisse et densément fissurée. Le tronc droit peut atteindre 3 m de diamètre. Il tend à être très haut et bien régulier en forêt, tandis qu'il est souvent gros et court à découvert dans les campagnes et les villages. Il se divise en grosses branches tortueuses pour former le houppier.

 

Le chêne pédonculé est très commun dans les plaines de toute la France, de Suisse et de Belgique, sauf dans la région méditerranéenne où il est très rare.

 

Ce chêne est une essence pionnière à postpionnière. Il se développe sur des sols de substrats variés : argiles, limons, sables, tourbe.

 

C'est essentiellement un arbre de l'étage dit collinéen (plaines et collines) et de la base de l'étage montagnard, il ne monte pas au-delà de 1 300 m d'altitude.

 

Le chêne pédonculé supporte mal les fortes sécheresses estivales contrairement au chêne sessile qui les supporte mieux.

 

Le chêne de Rogé

Le CPIE Arpe47 contribue à la valorisation du patrimoine naturel.

 

Aujourd'hui, à midi, a lieu à Villeneuve, la cérémonie de labellisation du chêne de Rogé qui devient officiellement Arbre Remarquable de France. Situé dans l'enceinte du château de Rogé, cet arbre livre d'imposantes mensurations. Circonférence du tronc 6,80 m (à 1,30 m du sol). Hauteur : 28 m. Âge estimé 250 ans. Son port est dit fastigié, ce qui fait de lui le premier de cette catégorie dans la base de données nationale de l'association partenaire ARBRES présidée par Georges Feterman.

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MARS

Publié le 24 mars 2018

Ophrys de Mars : la bien nommée

Il existe 47 espèces d'orchidées sauvages en Lot et Garonne dont 17 sont protégées. Les orchidées sont à l'honneur sur le site biodiversite47 du CPIE, qui a créé un OLB «Observatoire Local de la Biodiversité «spécialement dédié à cette famille. Le public est invité à faire part de ses observations pour plus de connaissance partagée sur les espèces locales.

C'est ce que l'on appelle «les sciences participatives «très en vogue actuellement. Le coin nature vous présente aujourd'hui l'Orchis de mars (Ophrys occidentalis). Sa floraison précoce est suivie de près par sa cousine l'ophrys araignée (Ophrys sphegodes).

 

L'Ophrys de Mars (Ophrys occidentalis) est une plante peu haute. Sa tige mesure de 10 à 25 cm, ses feuilles basales forment une petite rosette. Les fleurs livrent 3 sépales verts avec nervure marquée. On y voit deux pétales glabres plus foncés que les sépales, parfois colorés, et 1 labelle brun, velu à marge jaune avec une macule bleuâtre en forme de H. Sa floraison s'étale de février à avril. On la rencontre sur les garrigues, pelouses sèches, et broussailles.

 

Reproduction

Le genre Ophrys, comme beaucoup d'autres plantes à fleurs a besoin d'insectes pour la pollinisation. Mais ce genre a adopté une stratégie tout à fait remarquable consistant non pas à offrir du nectar comme récompense, mais à plutôt utiliser un leurre par mimétisme visuel ou olfactif. Le genre en est devenu dépendant et chaque espèce a co-évolué quasiment qu'avec une seule espèce d'hyménoptère. C'est lors de ce contact prolongé avec la cuticule que le mâle va frôler les pollinies et les transporter vers une autre fleur de l'espèce par un nouvel acte de pseudo-copulation.

 

Les orchidées sauvages s'apprécient à l'extérieur, dans leur milieu, et ne supporteront pas la captivité. Ce n'est pas la peine de les couper pour en faire des bouquets. Elles faneront très rapidement dans le vase. Préférez participer aux sorties nature et découverte du CPIE

 

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Publié le 17 mars 2018

La vigne domestique : l'art de produire

«Taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de mars». Le printemps approche, mars affiche son dicton populaire. Le CPIE propose aujourd'hui son stage annuel de taille (photo J.-M. Torrès).

Au début de la civilisation, les hommes se contentaient de cueillir les raisins sur les vignes. Après l'observation de dégâts provoqués par des animaux sur les rameaux, l'homme s'aperçut vite que les grappes situées sur les parties restantes étaient plus grosses et plus sucrées.

Il essaya à son tour de limiter le développement de la vigne, en enlevant chaque hiver une partie des sarments. A force d'observations, il constata que les bois productifs de l'année donnaient des grappes plus grosses et des raisins plus gros.

 

Au cours des générations, différents systèmes de taille furent utilisés avec les mêmes principes de base. Jules Guyot, médecin et physicien français du XIXe siècle, laissa son nom à un mode de taille, simple à réaliser, permettant de tailler vite et d'obtenir un rendement intéressant.

Liane vigoureuse

La plupart des vignes sont des plantes grimpantes des régions au climat tempéré ou de type méditerranéen. Les vignes domestiques sont largement cultivées pour leur fruit en grappes, le raisin, que l'on mange ou dont on tire un jus ; le moût qui devient du vin après fermentation. Les différentes variétés se nomment cépages. L'espèce principale cultivée est vitis vinifera.

 

Un plant de vigne cultivé développe des racines qui s'enfoncent généralement à une profondeur de 2 à 5 m et parfois jusqu'à 12-15 m, voire plus. Les racines issues de semis et de boutures sont très différentes. La vigne domestiquée provient d'une vigne sauvage (lambrusque), liane que nous avons évoquée la semaine dernière, et dont les rameaux grimpants peuvent atteindre une trentaine de mètres. La taille est indispensable pour la survie des variétés de vigne utilisées. Plante très vigoureuse, elle a tendance à se développer énormément. Sans taille une année, elle s'agrandirait 10 à 20 fois trop. Patrice Gentié, directeur de Jardivigne et des pépinières Gentié de Sainte-Livrade, est l'invité de taille du CPIE 47 aujourd'hui à Tombeboeuf.

 

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JANVIER

Le jasmin d'hiver : les trompettes jaunes

 

Le jasmin d'hiver ou jasmin à fleurs nues (jasminum nudiflorum) est un arbuste sarmenteux de la famille des oléacées originaire de Chine. Il est cultivé comme plante d'ornement, pour sa floraison hivernale. C'est une espèce rustique en climat tempéré. Il est largement cultivé et s'est naturalisé en Lot-et-Garonne. On en connaît environ 200 espèces. Le jasmin d'hiver est largement cultivé pour ses qualités ornementales. Parfaitement rustique, il ne pose aucun problème en hiver jusqu'à −15 °.

Les rameaux sont reconnaissables à leur section carrée. Le jasmin d'hiver développe au printemps des feuilles à trois folioles de 1 à 3 cm de long, ovales, lancéolées. Les fleurs de 3 cm de large sont découpées en 6 lobes.

Selon l'exposition de la plante, les premières fleurs peuvent apparaître dès décembre (surtout dans les jardins de ville) et jusqu'à mars.

 

La grâce naturelle de ses rameaux sarmenteux en fait un arbuste très élégant pour habiller une façade, une pergola, une petite clôture ou fleurir un escalier. Il doit alors être palissé, car ses branches sont trop rigides pour s'enrouler d'elles-mêmes sur un support, mais trop souples pour supporter leur propre poids.

 

Le jasmin d'hiver s'accommode de tous les types de sols. Une terre pauvre, caillouteuse, même calcaire est tolérée. Il fleurit plus généreusement au soleil, mais réussit sans problème à mi-ombre et même au pied d'un mur exposé plein Nord. Il atteint 3 à 4 m de hauteur et d'étalement, mais sa rapidité de croissance est moyenne (10 ans). La taille s'effectue après la floraison.

 

Le grand duc de Toscane avait réussi en 1699 à se procurer un pied d'un jasmin à fleurs doubles qui embaumait. Il était si jaloux de sa plante qu'il avait interdit formellement de la multiplier et son jardinier avait défense de la bouturer.

 

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